Pourquoi ce journal ?
Je me suis moi même posé la question, évidemment. Disons que j’ai été influencé en cela par la lecture récente du « Journal de travail » écrit par John Steinbeck pendant qu’il écrivait « Les Raisins de la colère » en 1938. Son éditeur (Séghers) écrit » Un journal qui d’efforce de retranscrire son expérience et le révèle dans le affres de la création ». Comme cela est bien dit mais en toute modestie je veux bien reprendre cette définition pour moi-même. Plus modestement donc, je voudrais que les réflexions omniprésentes et parfois intenses qui accompagnent mes périodes d’écriture puissent être consignées dans un texte rédigé concomitamment. L’usage que j’en ferai reste imprécis encore. Mais j’imagine que les modes actuels de communication, pourraient être le support d’une diffusion, d’un partage intéressant. C’est une exigence que je me donne pour souligner l’importance que j’éprouve pour l’acte d’écriture.
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Ce mercredi_31 août 2022 je me décide enfin à écrire les premiers mots de ce journal. Pour une fois, je suis donc un peu en avance car je m’étais donné le 1er septembre comme date fatidique pour me remettre à l’écrire. Pour moi, le 1er septembre c’est la date de la rentrée. La rentée scolaire de mon enfance devenue aujourd’hui la date du recommencement de toutes choses mises en suspend du fait de la trêve d’été. Donc, nous y sommes.
Après le 9 mai de cette année 2022, date de la parution de « Confidence d’une armoire » je me suis essentiellement occupé de sa promotion. Enfin promotion est un bien grand mot. Disons que j’ai diffusé l’information auprès de tous mes contacts (E-mail, SMS, WS et autres adresses « couvertes à marée basse ». J’en ai également parlé « comme çà » autour de moi. Puis j’ai dû gérer les commandes. Bien que le sois un piètre vendeur, je suis assez satisfait du résultat avec autour de 70 livres vendus et quelques uns offerts. Je me suis constitué un petit lectorat d’une centaine de personnes. J’aurais du tenter de franchir un niveau plus élevé. Proposer aux librairies et divers autres points de vente pour faire, au moins, connaitre le livre quitte à venir m’asseoir derrière une table et chercher à le vendre en proposant une signature. J’avoue que je n’ai pas voulu ou osé aller jusque là. L’autoédition a ses limites en termes de diffusion sauf pour ceux qui ont le goût du commerce.
Maintenant je dois réfléchir à ce que sera mon prochain livre.
Nous sommes le 1er septembre et je suis au rendez-vous. C’est avec une grande interrogation que j’entame ce journal. Je dois décider maintenant du sujet de mon prochain livre. Je ne suis pas en manque d’inspiration. J’ai deux thèmes qui s’offrent à moi. Deux sujets pour lesquels j’ai déjà écrit quelques pages, certaines fort anciennes d’ailleurs. Je vais me risquer à les dévoiler ici. Faire part de mes démarches de fond préalable à mon acte d’écriture. C’est bien l’intention première de ce journal.J’ai entrepris, il y a quelques années un texte susceptible de devenir un roman. Pour résumer ici en un seul mot il traite du « décrochage ». Décrochage des personnes concernant le cours de leur vie: vie quotidienne, vie au travail, leur vie affective, engagement sociétal. Ceci quel que soit le genre ou l’âge des personnages.
Dans ce qui j’ai déjà entrepris ( Cela fait bien deux années maintenant) il y a trois personnages centraux: une mère, son fils, et son compagnon aussi père de son fils. Chacun décroche. Et après. C’est ce qui me reste à traiter pour construire le roman.Un second projet, très différent, met en scène les personnels, non comédiens, d’un « théâtre de poche ». Le factotum, le régisseur lumière, la femme de ménage. Ils réagissent a distance des soucis programmatiques » de leur patron. Un théâtreux pur jus venu de Paris pour exécuter un vieux rêve : créer son théâtre.
Nous sommes le samedi 3 septembre 2022. Je mentirais si j’écrivais ici que ma pensée est totalement occupée par le choix du sujet de mon prochain livre mais disons que c’est devenu une forte préoccupation. En fait mon envie irait plutôt vers le sujet théâtral car, si j’en juge par la présentation que j’ai déjà faite de mes personnages, il se prêterait à faire pas mal d’humour et j’aurais bien du plaisir à me prêter à cet exercice là. D’autant que s’agissant de personnages relevant de la pure fiction romanesque, je ne risque pas de blesser d’éventuels membres plus ou moins lointain de mon entourage. ( J’ai parmi mes lectures récentes quelques exemples d’auteurs à succès qui ont trouvé dans leurs proches histoires de famille des sujets inépuisables d’inspiration. Certains auteurs se sont même abondamment inspiré de leur récente vie de coulpe. On peut imaginer la cacophonie familiale qui a dû en résulter. Ce qui, cela dit en passant, ne pouvait que conduire à une suite et un nouveau livre ; mais là je jacasse un peu.) Mais, pour revenir à mon sujet théâtral, même en brodant un peu (ce que j’essaie d’éviter) il n’y aurait pas suffisamment de matière pour nourrir un roman même d’un calibre moyen autour de 200 pages. Mon intention étant de produire un vrai roman je me sens donc contraint à choisir le sujet du « décrochage » et de renoncer à mon envie de narration humoristique. Ce sera pour plus tard. Donc ma décision est prise: je part pour un long voyage à travers la description de la désespérante pauvreté humaine.
En ce dimanche 4 septembre, (9h37) je voudrais juste ajouter à mon propos d’hier une légère hésitation survenue au cours de ces dernières heures. J’ai longtemps refusé de m’inspirer de mon objet professionnel c’est dire le « social » pour écrire des romans. C’était un peu par respect pour les personnes concernées. Mais cela fait maintenant 11 ans que j’ai quitté ce milieu dont il ne me reste plus d’images individuelles particulières. Je ne pense pas être en mesure de dresser un portait précis de tel ou tel usager de mon service. Je me sens donc bien libéré désormais de cette exigence éthique. En revanche je garde une vision bien vivante des modes de vies et des problématiques qui affectent les milieux mis en marge de notre société. Pour être un tantinet pédant , je dirais que cette vision macro sociétale ne pourra qu’enrichir mon propos. J’aurai également plaisir à mettre en valeur des qualités humaines bien souvent occultées par les problématiques dominantes et pourtant bien réelles.
Lundi 5 septembre, j’ai rencontré, dès le début de la matinée, trop de problèmes matériels liés au fonctionnement de la maison ,( Pompe de piscine en panne, papiers de la voiture introuvables) que je ne me sens pas disponible et suffisamment serein pour écrire sur ce journal. Je remets donc à demain l’expression de mes soucis littéraires.
Mardi 6 Septembre. Mes petits problèmes domestiques tardent à se résoudre mais qu’importe. J’ai décidé de passer outre.
Ce matin , mon « Web master » préféré (C’est mon fils Pierre qui à conçu ce site et qui en gère la maintenance) vient de m’informer que le site enrichi de ses nouvelles rubriques « Vos commentaires » et « Mon journal d’écriture » est désormais accessible à tous les internautes. Je vais donc diffuser une information auprès de mes contacts pour les inviter à faire la visite. Ceux qui le désirent pourront suivre l’élaboration des réflexions qui président à l’élaboration de mon nouveau roman.
Jeudi 8 septembre. Il est 10 heures et je suis toujours en bataille avec ma messagerie « gmail » pour parvenir à gérer correctement des messages groupés. J’en aurais besoin pour envoyer informer mes nombreux contacts de élargissement de mon site web à de nouvelles rubriques. Si je ne veux pas passer trop de temps sur ses détails techniques je vais devoir avoir recours à quelqu’un pour m’aider.
Hier, en travaillant sur le contenu de ma rubrique « Vos commentaires » j’ai retrouvé un long message de notre ami Jean Inglèse à propos du « Passager de la cité jardins. » Il s’est livré à un commentaire vraiment bien élaboré avec en particulier une réflexion sur le sens des tours dont il est question dans le roman ( le Clocher de St Trophime, la tour Ghéry de LUMA). Je pense que je lui doit une réponse. Bien que son texte soit un peu ancien, mais cela n’a aucune importance, il mérite que je prenne ce temps indispensable à ce dialogue littéraire.
Je viens de me décidé, enfin, de me lancer dans la relecture du texte écrit aux alentours de décembre 2020 intitulé « décrochage ». j’y ai trouvé une centaine de pages très « écrites » . Je n’ai lu que les dix premières et déjà je m’interroge sur le narrateur. Dans ce texte c’est l’instituteur, Monsieur Alexandre, qui raconte. Je me demande s’il ne faudrait pas recourir au narrateur anonyme. Cette voix qui raconte et qui sait tout et qui a tout vu. A réfléchir. Il faut que je me décide vite car cela conditionne tout le déroulement de l’histoire.
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Bien des événements se sont passés depuis mon dernier journal. Sur le plan personnel j’ai traversé une période jonchée de prises de rendez vous en tout genre. Medico – perso- commandes diverses- bref de qui organiser le début d’année. Mais rien d’intéressant pour ce jour ce journal centré (il faut le rappeler) sur mon activité d’écriture. Mais à ce propos, une chose reste importante à préciser.
25 mars 2025
Depuis septembre 2022, beaucoup d’événements sont venus prendre place dans mon activité littéraire. Je ne vois aucun intérêt pour ce journal à revenir dessus si ce n’est de souligner la parution de « Confidence d’une armoire » sur lequel je reviendrai peut être un jour mais , c’est le propre d’un journal, l’important est de le consacrer à ce qu’il se passe aujourd’hui. je crois avoir retranscrit quelques commentaires sur lesquels il est possible de se rapporter.
Ce qui a compté ces 30 derniers c’est l’aboutissement projet dont j’avais très tôt déjà imaginé le titre : « Gens de Beaulieu »
De quoi s’agit’il ? Et d’abord, comment-est il arrivé là, supplantant sur le fil, si je puis dire, mon projet de roman sur le thème du décrochage dont j’ai parlé de façon très sommaire il est vrai dans les lignes qui précèdent. En fait c’est un peu une logue histoire. Donc, puisqu »il s’agit d’une histoire, remontons à son début.
Durant la réception rituelle occasionnée par les « les vœux du maire » au tout début du mois de Janvier 2003, j’ai été abordé par un beaulieurois « de souche » par ailleurs viticulteur à la retraite et bien connu de nous pour avoir loué pendant quelques mois à logement pour le maman de Marie Laure. Très directement Jean Louis LAVIT m’explique qu’un groupe « d’anciens de Beaulieu » souhaitent laisser une trace écrite de ce que fut « la vie d’avant » dans le village. Sur l’instant qui était agrémenté par quelques verres de vin issus du « Domaine Coste Moynier » et rendant les choses plutôt simples, j’ai accueilli favorablement cette demande tout en sachant qu’il faudarit probablement y revenir sereinement plus tard.